FAULQUEMONT : Histoire et historiettes

FAULQUEMONT : Histoire et historiettes

1 : Cap.Denver B. DAVISON (cliquer)

 1°) Cap.Denver B. DAVISON


Le capitaine DAVISON et son épouse alors enceinte
de leur fille Trigg née enfévrier 1945, ainsi que
leur fils Denver N.

             Acte 1
             Ce mois de septembre 1944  et les mois qui suivirent jusqu'à la libération, furent très mouvementés . A l'aide de ses chasseurs, l'aviation  américaine  faisait de fréquentes incursions dans notre région encore occupée afin de préparer le terrain pour  faciliter la progression de l'armée de terre.
             La population faulquinoise partagée entre la peur de prendre un mauvais coup et de faire, comme on le dit aujourd'hui , partie des "dommages collatéraux" se réjouissait des dommages causés à l'occupant et s'empressait d'aller, après l'attaque, constater  (non sans une certaine satisfaction) les dégâts causés à l'occupant .
             Du haut de mes 4 ans 3/4 (les 3/4 comptent à cet âge) j'ai assisté à  trois de ces raids :
             - J'accompagnais mes parents dans notre jardin ( qui est depuis devenu mon lieu de résidence) lorsque des avions mitraillèrent des voitures passant juste en face sur la route , encore bordée de pommiers, qui mène à Créhange . Blotti contre ma mère dans une minuscule logette de jardin, je regardais mon père,qui, grimpé sur un cerisier contemplait avec une certaine satisfaction cette scène pathétique.

              Les exhortations de ma mère pour l'inciter à venir se mettre à l'abri n'y firent rien ...
              - Un convoi de camions militaire fut attaqué et détruit juste après le pont  de la rue de Nancy . Je me souviens avoir été, en compagnie de mon père, ramasser des douilles de balles dans les prés du Ham. Les amorces avaient de si jolies couleurs  ...
              - J'aidais maman à ramasser les pommes de terres dans notre champ rue de Pontpierre quand nous fûmes interrompus par les vrombissements des moteurs d'avion, de rafales de leurs mitrailleuses et des tirs de la FLAK (Dca) . N'ayant  aucun endroit pour se mettre à l'abri dans cet endroit à l' époque dépourvu de constructions, ma  mère me coucha entre deux rangées de haricots à rames et me mit le panier destiné aux pommes de terre sur le visage pour me protéger . Ce geste spontané d'une mère cherchant à protéger son enfant fit que je ne vis pas le drame qui se passait au-dessus de moi, mais à travers les brins d'osiers fleurant bon la patate je l'entendis dire d'une voix étranglée empreinte d'émotion : "Il y en a un qui est touché, il rase le clocher de l'église".
               C'est ainsi que mourut ce 28 septembre 1944 le capitaine D.B. DAVISON originaire de l'Oklahoma, il avait 25 ans .

                Acte 2

                Désirant renouer avec le passé, son épouse ,alors agée de 81 ans est venue le 6 aôut 1999, en pélerinage à Faulquemont accompagnée de son fils Denver Noris, de sa fille Trigg et deux de ses petites-filles . Comité d'accueil orchestré par René Bigel et moi-même. Nous accompagnaient également  de "vieux faulquinois" et André Neuenschwander membre de l'Américan Légion à l'origine de ce déplacement familial.



                 Que d'émotions lorsque j'emmenais les deux petites-filles à la lisière d'un champ de maïs dans un champ labouré, où elles purent ramasser des débris de l'avion de leur grand-père !!! . J'avais pour ma part déjà réalisé une sculpture réalisée avec les débris de cet avion et que je leur ai remise .
                 Nous visitâmes ensuite la chapelle St-Vincent et le cimetière ou la Municipalité venait de refaire le chemin d'accès à la chapelle au moyen de dalles auto-bloquantes .
                 Une réception fut ensuite organisée en Mairie .

                 La simple évocation de cette journée émouvante ,si elle relève de notre histoire, pourrait à prime abord relever de l'anecdote si elle n'avait pas été suivie d'un évènement que je suis le seul à connaître, et dont je n'ai jamais parlé jusqu'à ce jour tellement il est troublant.

                 Nos hôtes une fois raccompagnés à la Gare de St-Avold où ils prenaient le train en direction de Paris, je retournais au cimetière en compagnie de mon épouse pour lui montrer le nouveau chemin qui mêne à la Chapelle, et c'est derrière la nef de la chapelle à côté de la tombe de la "mère Matton" (figure connue des "vieux faulquinois")  que se produisit l'évènement.

                  J'ai rédigé le texte ci-après dans les jours qui suivirent.



Il est des spectacles dans la vie
Que jamais on  n'oublie.

Quand j'étais petit, et qu'en compagnie de ma grand-mère
Je parcourais les allées du cimetière
Celle-ci me racontait des histoires ...plus que centenaires:

Dans sa jeunesse, à  l'arrière de la chapelle
Se déroulait un spectacle peu ordinaire
Un serpent, bien curieux pensionnaire
Habitait ce lieu millénaire .

Son amie, la vieille gardienne des défunts
L'appelait: "Minele,minele komm"
Sortant de son trou dans la terre
La couleuvre venait boire le lait que lui offrait la mémère.

                    Je n'ai pas parlé de cette histoire dans mes ouvrages
                    Un serpent buvant du lait...ça ne fait pas très sage .


Il y a quelques temps
Je parcourais en compagnie d'une américaine éplorée
Le champ, pour elle historique où son père était tombé
Ramassant les débris de l'avion de ce père qu'elle n'avait pas connu
Et la voyant serrer sur son cœur ces précieuses reliques

Je revécus  un instant cette journée de septembre dramatique,
Ponctuée du tir des armes automatiques .

J'avais l'âge où les grand-mères
Racontent à leurs petits-enfants des histoires extraordinaires .

Le soir même, retournant au cimetière
Pour montrer à mon épouse le nouveau pavement

Au détour de la chapelle, quel fut mon étonnement !

Il était là !!!

Ondulant calmement
Sa langue fourchue au vent .

" Tu vois, il est revenu", dis-je doucement

Il me regarda longuement comme pour me faire faire un serment

 Peut-être, comme Iris messagère de l'Olympe
Avait un  message à me transmettre venant des limbes?

Ne m'oublie pas

"Forget me not,"
Aurait dit le pilote

M'approchant au plus près pour étudier l'animal
Je conclus à haute voix: "ce n'est ni un orvet ni une vipère"

Mais j'étais seul à écouter mon commentaire ...

Depuis Eve, la femme  et le serpent n'ont jamais été complémentaires ...

Je ne l'ai plus jamais revu

Peut-être que quelque preux Faulquinois
Pour apaiser sa Dame
A grands coups de bâton lui a-t-il fait rendre l'âme ?

Ou peut-être aussi, dans un geste de malice;

S'est-il transformé ... en myosotis ?


                  Afin de rassurer mes concitoyens, voici quelques renseignements sur la couleuvre:
La couleuvre est un serpent non venimeux

Sa langue n'est pas une arme , mais un organe de détection des odeurs

Elle se nourrit de vers, de limaces, de souris et d'insectes .

Ses principaux prédateurs sont les corbeaux, les renards et les rapaces.

Bien des gens ont le dégoût pour les couleuvres, mais elles sont bienfaisantes pour la chaîne alimentaire et très utiles pour la destruction d'animaux nuisibles.

Vous voilà rassurés,  je l'espère ...

J'y ajouterai une note personnelle :

Cela fait plus de quarante ans que j'arpente notre sol à la recherche  de fossiles et autres témoins de votre passé, c'est la première fois que je vois une couleuvre . (celle-ci devait faire plus d'un mètre) .

DOUILLE et DEBRIS DE L'AVION
Trouvés ce jour, 7 août 2014, sur le lieu de crash 
  Je connais bien l'endroit , puisque je l'y ai vu tomber .




 A suivre  ...

D'autres  sujets seront traités ultérieurement... en fonction  de l'humeur et des disponibilités de l'auteur .

Voir également  : - le musée de Faulquemont    
                            - le Chalet des Aulnes                         
                                          - L'utilisation du silex du muschelkalk dans la
préhistoire locale
à l'adresse suivante    //philippe.jl57.free.fr/
                         
pour me joindre directement :  philippe.jl57@free.fr



22/03/2008
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